Parcours du pêcheur professionnel

Raïs Ahmed El Boussiri Épisode 1 Partie1

Dans cet épisode de l'émission « Parcours d'un pêcheur professionnel »

l’animateur de la chaîne nous emmène à la rencontre d'une véritable légende locale : le Raïs Ahmed El Boussiri [00:23]. L’enregistrement se déroule au grand air, en bord de mer, au cœur du village d'El Mheiriz (souvent appelé par les pêcheurs de la région la « colline de Barbas »), situé à l'extrême sud du Maroc [00:23, 00:29]. Né en 1960 [00:43], le Raïs Ahmed est originaire de la ville de Safi, même s'il s'est installé à Casablanca pour sa vie de famille et son travail [01:01, 13:12].L'histoire d'Ahmed avec l'océan remonte au tout début des années 1970 [01:43]. Dès l'âge de 12 ou 13 ans [01:43], il fait ses premiers pas de marin en embarquant sur de petites barques artisanales à Safi [01:54]. C’est de cette manière qu’il apprend les rudiments de la navigation et de la pêche avant de se passionner, en 1993, pour la pêche à la canne et plus spécifiquement pour la technique de la pâte d'appât (la Pelota) [01:36, 02:07]. Arrivé à El Mheiriz en 1993 [02:07], il fait partie des tous premiers pionniers à s'être installés dans ce secteur pour y vivre de sa passion [00:25].Le Raïs Ahmed raconte avec beaucoup de nostalgie l’abondance et la magie de cette époque [03:28]. À l'époque, avant l'essor du port et des infrastructures modernes, la côte était totalement sauvage : il n'y avait ni routes goudronnées, ni commerces, seulement des pistes de sable, quelques cabanes de fortune et le désert [19:11, 19:15]. Les pêcheurs vivaient au rythme des marées. Pour attirer les poissons, ils préparaient un mélange artisanal très efficace appelé « la Dikka », composé de sable argileux rouge (Hamri) pétri avec des sardines écrasées, qu'ils lançaient à la main dans l'eau pour créer une zone de nutrition [14:21, 14:27]. Le poisson était d'une telle densité qu'un montage simple, équipé d'un bas de ligne solide (diamètre 120 ou 140) [15:01, 15:04] et d'une sardine entière, suffisait pour capturer d'énormes pièces.Parmi ses souvenirs les plus marquants, Ahmed évoque un combat d'une intensité rare avec un énorme poisson-roche pesant pas moins de 50 kilos [18:29, 18:33] ! Il se rappelle aussi avoir sorti une courbine gigantesque de 32,5 kilos [11:14]. La mer était parfois si généreuse qu'il lui est arrivé de remplir trois caisses entières de poissons en une seule sortie [13:51]. Pourtant, malgré cette profusion, les gains restaient modestes car le marché local n'était pas encore développé et le poisson se vendait à bas prix, par exemple à peine 60 ou 80 rials (3 à 4 dirhams) le kilo pour du sar de choix [13:32, 13:41].L’épisode prend une dimension presque mystique lorsqu'Ahmed décrit le comportement incroyable de la faune sauvage du désert qui s'était habituée à la présence des pêcheurs [12:15]. Il explique qu'à l'époque, de grandes hardes de gazelles et d'animaux du désert descendaient des dunes jusqu'à la plage sans aucune crainte pour venir boire de l'eau ou se reposer près des cabanes [12:00, 12:12].En guise de conclusion, l'animateur et le Raïs Ahmed lancent un appel vibrant et solennel à la jeune génération de pêcheurs [11:20]. Ils rappellent que la mer s'est beaucoup appauvrie d'année en année en raison du braconnage et du non-respect des tailles légales de capture [16:55, 16:57]. Ils insistent sur l'importance de relâcher les petits poissons et de préserver les écosystèmes côtiers pour que les enfants de demain puissent continuer à connaître la joie de la pêche [16:55, 17:12]. L'émission s'achève sur un témoignage de profond respect envers le Raïs Ahmed, qualifié de « mémoire vivante » de la côte sud marocaine [11:44, 17:34].

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