Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie1
C’est l’histoire d'un groupe d'amis, tous passionnés de pêche
réunis dans un salon pour une ambiance conviviale et familiale [00:04]. Parmi eux, Yassine et ses compagnons entourent le « Raïs » Driss (Driss Essouiri), une figure respectée de la pêche à la ligne [00:15]. Les amis ont une idée derrière la tête : ils veulent absolument pousser le Raïs Driss à se confier et à raconter sa véritable histoire, son parcours depuis ses débuts [00:18].Au Maroc, les anciens pêcheurs (« les Raïs ») sont connus pour être très secrets [15:00]. Ils gardent farouchement leurs techniques et leurs anecdotes pour eux [15:12]. Mais cette fois-ci, ses amis l’ont un peu piégé en préparant des micros et des caméras à son insu pour enregistrer la discussion [11:15]. Quand Driss s’en rend compte, il sourit, un peu embarrassé, mais accepte finalement de jouer le jeu [11:05].Le Raïs Driss commence alors à raconter ses souvenirs d'enfance à Essaouira, sa ville natale [09:17]. Il explique que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, personne dans sa famille n’était marin ou pêcheur [09:09]. Pourtant, sa maison était située juste au-dessus de la mer, près des falaises [09:21]. Depuis le toit, on voyait l'immensité de l'océan [09:33]. En grandissant, cette proximité avec l'eau est devenue une obsession, malgré les mises en garde de ses parents qui s'inquiétaient des dangers de la mer [11:54].Vers l’âge de 10 ans, au début des années 80 (autour de 1982) [15:57], il commence à économiser son argent en vendant des bonbons et des chewing-gums pour s'acheter son tout premier matériel de pêche [13:06] : une bobine de fil de 75 mètres [12:05] et quelques hameçons. Il se faufilait discrètement jusqu'au port d'Essaouira avec un ami d'enfance, un garçon un peu plus audacieux et habitué des lieux [12:27]. C'est là qu'il fait ses premières armes, en apprenant à faire les nœuds et en attrapant ses premiers poissons (comme le "Gowgaw" ou le mulet) [13:25]. Très vite, ce qui n'était qu'un jeu d'enfant se transforme en une passion dévorante qui allait tracer tout le reste de sa vie.
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 2
Dans cette deuxième partie, l’histoire prend une tournure d'aventure
et de complicité amicale. Le « Raïs » Driss continue de raconter son parcours à ses amis. Après avoir appris les bases de la pêche, il commence à s’améliorer, mais à cette époque à Essaouira, les anciens pêcheurs gardaient jalousement leurs secrets. Notamment la technique de la pelota (la pêche à la pâte d'appât), dont le secret restait mystérieux pour les jeunes débutants [01:28].À l’âge de 18 ans, après près de dix ans de pratique en autodidacte, Driss ressent une envie irrépressible de découvrir de nouveaux horizons et d'aller pêcher dans le sud, en plein désert marocain (le Sahara) [08:12]. C'est là que la véritable amitié se manifeste : alors qu'il s'apprête à partir seul, son ami d'enfance, Simo Mohamed "Eddib" (le Loup), décide de le rejoindre par pure fidélité [11:15]. Mais l'aventure ne s'arrête pas là. Simo Mohamed va voir un autre ami, Abdelkebir, pour lui emprunter un peu de matériel ; en apprenant la nouvelle du voyage, Abdelkebir décide sur-le-champ de s'ajouter à l'expédition [12:45]. Enfin, pour financer une partie du voyage, ils vont voir un quatrième larron, Mustapha, pour lui emprunter un peu d'argent (environ 1000 dirhams) [13:15]. Fidèle à l'esprit du groupe, Mustapha refuse de rester derrière et s'embarque lui aussi dans l'aventure. C'est ainsi qu'un projet en solitaire se transforme en une expédition à quatre amis, unis par une amitié indéfectible [13:28].Avant de partir à 21h, Driss doit l'annoncer à sa mère [10:35]. Bien qu'elle s'inquiète, elle accepte son choix et, dans un geste de tendresse maternelle, lui glisse un billet de 100 dirhams en lui disant de le garder précieusement « comme levain » (comme une réserve de secours en cas de coup dur) [17:57]. Pour éviter que sa mère n'ait à s'occuper de ses pigeons, il vend tout son élevage avant le départ [14:15].Le groupe prend la route vers Agadir, puis voyage en autocar jusqu'à Tan-Tan [15:01]. C'est à Tan-Tan que les chemins se séparent : les trois amis restent sur place pour travailler sur des barques de pêche, tandis que Driss prend seul un autre bus en direction de sa destination finale : Akhfenir [15:12].Arrivé à Akhfenir vers midi et demi, avec pour seuls bagages son sac et sa canne à pêche en bambou de 4 mètres [17:05], il se rend directement au célèbre « Café de la Paix » (L'Makhraz Saada), tenu par une femme généreuse nommée Oum Shama [18:40]. C’est là qu'il doit retrouver son contact, un pêcheur expérimenté du nom d'M'ouinida, qui sera son mentor pour lui apprendre à pêcher le fameux bar moucheté (le Courbine) [15:21].Mais en arrivant sur place, une surprise de taille attend le jeune Driss. M'ouinida n'est pas logé seul : il partage sa chambre avec un homme singulier appelé Khaled L'Aissaoui [19:59]. Cet homme n'est pas un pêcheur ordinaire, c'est un charmeur de serpents qui garde des boîtes et des sacs remplis de reptiles vivants à même la pièce [21:20]. En découvrant les sacs qui bougent contre le mur, Driss réalise qu'il va devoir cohabiter avec des serpents [21:12]. L'Aissaoui le rassure en souriant et lui souhaite la bienvenue, mais lui impose une règle stricte : « Tu peux faire ce que tu veux, mais tu ne dors pas tant que je ne te dis pas de dormir ! » [23:20]. C’est ainsi, au milieu des serpents et face à l'immensité sauvage d'Akhfenir, que commence la vie de pêcheur professionnel du Raïs Driss [22:25].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 3
Dans cette troisième partie, la cohabitation entre le jeune Driss
son mentor M'ouinida et Khaled l'Aissaoui prend un rythme quotidien. Au fil des jours, la peur laisse place à la camaraderie [00:49]. L'Aissaoui commence à partager ses techniques secrètes, prodiguant des conseils précieux sur le choix du fil de pêche (le 55) [32:21], les hameçons (numéro 8) et les plombs (de 50 à 100 grammes) [32:24]. Il l'encourage même à s'équiper d'une canne professionnelle [01:21]. Cependant, Driss fait face à une rude réalité : les pêcheurs locaux originaires de Salé (« les Slawis ») se montrent très fermés avec les nouveaux venus, monopolisant les meilleurs coins de pêche et excluant les débutants [04:08]. Se sentant rejeté et relégué dans des zones moins poissonneuses [04:06], Driss encaisse en silence, déterminé à prouver sa valeur.Le moment de vérité arrive lors d'une sortie mémorable à Ajab Allah, un spot réputé pour ses courbines [09:32]. Alors que les autres pêcheurs s'installent aux meilleurs endroits, Driss est contraint de se poster à l'écart [04:09]. Paradoxalement, c’est à cet endroit précis que le poisson mord ! Driss ferre sa toute première courbine [05:20]. Pris de panique face à la taille du poisson, il appelle son mentor à l'aide, mais celui-ci, pour tester son autonomie, lui ordonne de se débrouiller seul [05:31]. Contre toute attente, Driss parvient à sortir une magnifique courbine d'environ 3 kilos [06:50]. Plus tard, un des pêcheurs locaux s'exclame avec dédain : « De toute façon, ce poisson n'a aucune valeur et ne se vend pas ! » [06:16], ce qui fait éclater de rire l'assemblée [06:19]. Loin de se décourager, Driss enchaîne les prises, gagnant le respect de ses pairs et inversant le rapport de force [06:54].Cette réussite marque le début de son affirmation en tant que pêcheur professionnel. Driss passe sept mois à Akhfenir [06:24], accumulant de l'expérience avant de retourner brièvement à Essaouira [06:39], où il partage ses exploits et convainc ses amis d'enfance de le rejoindre dans le Sud [07:01]. Les années passent, et la petite équipe s'agrandit et s'équipe. Ils achètent des cyclomoteurs Peugeot 103 pour explorer la côte [27:28], se déplaçant au gré des marées d'Akhfenir. Lors d'une nouvelle saison de pêche, alors que les pêcheurs de Salé tentent à nouveau de les intimider au bord de l'eau [02:04], le groupe d'Essaouira répond en saturant le secteur avec de la pâte d'appât à base de sardines [03:46]. Pris à leur propre piège par la stratégie de Driss et de ses amis, les locaux finissent par repartir bredouilles et dépités [02:49]. La vidéo s'achève sur une note d'apprentissage : Driss rappelle à ses compagnons que la tension et la colère nuisent à la pêche, car le poisson ressent le stress de l'homme [03:17], et qu'un esprit serein est la clé de la réussite [03:32].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 4
Dans cette quatrième partie, le Raïs Driss et ses deux compagnons
Ahmed et Saïd, se retrouvent bloqués à El Argoub, à 40 kilomètres de Dakhla [02:01]. Ils passent une semaine entière à dormir à même le sol dans une petite chambre rattachée à une mosquée locale [00:54, 02:01]. Sans moyen de transport pour aller plus loin et face au silence des camions de pêche qu'ils espèrent héler (les fameux Cachots), la situation devient pesante [01:01, 09:29]. Ses amis commencent à perdre patience et à s'agacer [03:31]. Sentant qu'il doit prendre les choses en main, Driss décide un matin d'enfourcher sa mobylette Peugeot 103 pour parcourir seul les 40 kilomètres menant à Dakhla afin de trouver une solution [02:20, 02:33].En route, sa mobylette tombe en panne juste devant un poste de contrôle militaire [02:57]. Heureusement, un soldat compréhensif l'aide à redémarrer [03:42]. Driss poursuit sa route jusqu'au kilomètre 15, un spot nommé "N'bak" [03:51, 06:09]. En observant la côte près d'une lagune salée, il aperçoit des tentes de pêcheurs et y rencontre deux "Raïs" [05:00, 05:09]. Il leur demande des nouvelles d'un certain Maurice, un contact dont un militaire d'Akhfenir lui avait donné le nom [06:09, 06:20]. Les pêcheurs lui indiquent que Maurice se trouve bien là [06:09]. Soulagé, Driss fait demi-tour et retourne à la mosquée à la mi-journée pour annoncer la bonne nouvelle à ses amis [07:19, 07:42]. Ils louent une camionnette pour transporter tout leur paquetage et leurs mobylettes jusqu'au campement de Maurice pour la modique somme de 50 dirhams [07:08, 08:20].Cependant, l'accueil chez Maurice est plutôt glacial et distant, loin de la chaleur de la première rencontre avec les autres pêcheurs [09:48, 09:57]. Maurice se montre méfiant envers ces jeunes citadins qui arrivent avec des vêtements propres et soignés [10:06, 10:34]. Ils passent quatre jours interminables à attendre au bord de la route le passage d'un mareyeur nommé Ahmed "L'Jebli", le seul camionneur qui accepte d'embarquer des pêcheurs pour les emmener sur les zones poissonneuses de l'extrême Sud [10:34, 11:05].Quand le camion de L'Jebli passe enfin sans s'arrêter, Driss n'hésite pas à se jeter presque au milieu de la route pour le contraindre à stopper [12:10, 12:28]. L'Jebli descend, très en colère, et refuse d'abord de les prendre : il explique que des pêcheurs originaires d'Essaouira l'ont arnaqué par le passé en lui volant de l'argent et du matériel avant de disparaître [13:08, 13:19]. Pour laver l'honneur de sa ville et prouver leur bonne foi, Driss sort les papiers officiels de sa mobylette, les jette dans la cabine du camion et dit au chauffeur : « Garde les papiers et prends ma mobylette en otage comme garantie ; si on ne travaille pas sérieusement, tu la gardes ! » [14:07, 14:16, 15:12]. Touché par ce geste sacrificiel et les larmes aux yeux du jeune homme, L'Jebli accepte de les tester [14:31, 14:50].Le lendemain, le camion les embarque avec leur matériel et roule sur plus de 100 kilomètres à travers le désert jusqu'à un spot sauvage appelé Aïn Beïda [16:47]. Ils installent leur petite tente sur la plage [19:17]. En allant chercher de l'eau, Ahmed et Saïd s'aperçoivent avec stupeur que l'eau de mer est étrangement chaude, presque brûlante [19:52, 20:06]. Les deux compagnons, épuisés par le voyage, veulent attendre le lendemain pour pêcher [20:17]. Mais Driss, qui a laissé sa mobylette en gage, refuse de perdre une seule minute [20:27]. Il prépare des lignes de fond garnies de morceaux de sardine pour cibler les grands prédateurs [20:38, 22:06]. Malgré les plaintes de ses amis qui traînent des pieds dans la nuit noire alors que la marée est haute et grignote la falaise de sable [22:30, 22:49], Driss prend le sac de sardines sur son dos et s'élance le premier sur la plage, prêt à affronter l'océan [22:06].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 5
Dans cette cinquième et dernière partie de la soirée,
l’atmosphère dans le salon est à la fois joviale et pleine de taquineries. Le « Raïs » Driss termine son récit sur les plages d'Aïn Beïda. Alors que ses amis Ahmed et Saïd s’étaient découragés à cause de la fatigue et de l’eau chaude, Driss, lui, était resté déterminé. Ses efforts paient rapidement : en pleine nuit, il commence à faire des prises impressionnantes, totalisant environ 24 kilos de poisson, principalement des courbines.Le lendemain, le mareyeur, Ahmed L'Jebli, revient pour peser les poissons des différents pêcheurs du campement. La plupart n’ont que de petites quantités (un ou deux kilos, aucun ne dépassant les 5 kilos). Quand vient le tour de Driss, L'Jebli découvre avec stupéfaction que les trois caisses en bois de sardine sont pleines de grosses pièces. À la pesée, le verdict tombe : 57 kilos de poissons ! À l’époque, le poisson se vendait à 350 rials (17,5 dirhams) le kilo, ce qui représentait une très belle somme. L'Jebli, impressionné par ce coup de maître de la part de ces jeunes citadins qu'il avait sous-estimés, lance alors une phrase mémorable en s'adressant aux autres pêcheurs plus anciens : « Par Dieu, ces jeunes vous ont donné une leçon ! Je jure que je n’ai pas de vrais marins ici, à part eux. Voilà des gens qui savent pêcher à la pâte d'appât ! »Cette réussite fulgurante change radicalement leur quotidien. En seulement trois jours, Driss et ses amis couvrent toutes leurs dépenses et se mettent à gagner confortablement leur vie, devenant les meilleurs fournisseurs du mareyeur. Le Raïs Driss conclut en expliquant que cette expérience difficile a forgé leur caractère de pêcheurs professionnels, leur apprenant à s’adapter aux situations imprévues et à ne jamais baisser les bras face à la rudesse de la mer.À la fin de l'histoire, la tension monte d'un cran dans le salon mais sur un ton humoristique. Les amis de Driss éclatent de rire et avouent qu'ils l'ont piégé depuis le début avec des caméras cachées pour enregistrer ses secrets de jeunesse. Driss, surpris, s'exclame en riant : « Si j'avais su que vous me filmiez, je ne vous aurais jamais raconté tout ça ! Vous m'avez arraché mes souvenirs de force ! » Ses amis le remercient chaleureusement pour sa générosité et rendent hommage à son mentor, M'ouinida, ainsi qu'à tous les anciens rituels de la pêche qui se transmettent de génération en génération.
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 6
Dans cette sixième partie, nous retrouvons l'animateur et le groupe
d'amis installés dans un salon à Akhfenir, toujours aux côtés du célèbre « Raïs » Driss Essouiri [00:23]. L’animateur introduit l'émission en expliquant que cet épisode fait suite aux précédentes révélations de Driss et va nous plonger plus profondément dans son incroyable parcours de pêcheur professionnel [00:11].Le récit reprend lorsque Driss et ses compagnons se trouvent au campement de pêche d'Aïn Beïda. Après avoir surmonté les galères de transport et de cohabitation, les conditions météo changent. Le vent se met à souffler violemment, soulevant le sable du désert [07:48]. Sous leur tente, le bruit continuel de la récolte de sable emportée par les rafales ressemble à s'y méprendre à une pluie battante qui s'écrase sur la bâche (Chchch) [07:53]. Face à cette tempête, le doute s'installe au sein de l'équipe : est-il possible de trouver du poisson par un temps pareil [08:21] ?Pourtant, malgré un vent à décorner les bœufs, le poisson est bel et bien au rendez-vous. Saïd, plus expérimenté et surnommé affectueusement « Farfor » (un nom donné localement aux très gros poissons) [03:39, 03:47], décide de s'éloigner vers l’ouest pour tenter sa chance [04:44]. Driss et Ahmed, quant à eux, explorent le secteur. C’est là qu'ils tombent sur une zone rocheuse particulièrement haute [10:12]. En y grimpant, ils découvrent une sorte de grand plateau rocheux d'environ 30 mètres de long, totalement plat et immergé sous un mètre à un mètre cinquante d'eau limpide [10:29, 10:33]. En contrebas de ce relief noir, le spectacle est magique : l’eau regorge de poissons qui s'agitent [11:05].En à peine une heure et demie de pêche intensive, les paniers de Driss, Ahmed et Saïd débordent de superbes prises [11:23] : des sars (amoun et sargho), des ombrines et des bars [11:13, 09:38]. Ils ramènent au campement près de 70 kilos de poissons de toutes tailles [12:10]. À l'époque, le sar se vendait à 10 dirhams le kilo et le bar entre 4 et 5 dirhams [12:17, 12:20]. Devant une telle abondance, le mareyeur décide de déplacer l'ensemble de ses 30 pêcheurs vers cette zone miraculeuse d'Aïn Beïda [07:22, 07:25].Mais l'aventure réserve aussi des frayeurs. Alors qu'ils pêchent sur ce fameux plateau rocheux isolés, ils voient soudain surgir au loin un véhicule tout-terrain de la Marine Royale en patrouille de surveillance [12:44, 13:55]. Pris de panique à l'idée d'être interpellés dans cette zone militaire réglementée, Driss et Ahmed choisissent de fuir discrètement à travers les rochers [14:02]. Seul Saïd, imperturbable et courageux, décide de rester sur place avec sa canne [14:04]. Un militaire s'approche de lui et l'apostrophe rudement : « Tu n'as pas honte ? Je vais te confisquer ton matériel ! » [14:31, 14:36]. Saïd lui répond alors avec aplomb : « Si tu veux prendre ma canne, emmène-moi avec elle ! Nous ne volons rien, nous pêchons ce que la mer nous donne [14:38, 14:41]. Si le propriétaire de ces poissons vient les réclamer, je lui rendrai ! » [14:45]. Impressionné par son audace, le patrouilleur finit par le laisser tranquille [14:13]. L’épisode se termine sur une décision majeure du groupe : fort de ce succès à Aïn Beïda, ils choisissent de plier bagage pour aller affronter un autre spot légendaire et encore plus redoutable : Ras L'Kassah [09:54, 14:54].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 7
Dans cet épisode, le « Raïs » Driss Essouiri poursuit le récit de ses aventures
de jeunesse avec ses amis [00:04]. Après de belles pêches à Aïn Beïda, le groupe décide de se déplacer vers un spot réputé plus difficile mais très poissonneux : Ras L'Kassah [04:42].Alors qu'ils explorent la côte rocheuse et escarpée, ils tombent sur un endroit singulier appelé localement le « Karkor » [08:47]. En grimpant sur les hauteurs de cette zone où s'accumulent parfois les débris marins, Driss aperçoit quelque chose d'insolite : un grand filet de pêche vert, tout neuf, équipé de ses flotteurs en liège, abandonné et coincé au milieu des rochers [09:12, 09:15].Au lieu de le laisser là, Driss et son fidèle ami Ahmed décident de le récupérer [11:07]. Cependant, pour ne pas enfreindre les règles non écrites de la côte (la "Loi de la plage"), ils prennent des précautions [09:32]. Selon la coutume locale à l'époque, si un pêcheur trouve un objet de valeur rejeté par la mer et souhaite marquer sa propriété, il doit le déplacer et y apposer un signe distinctif (une pierre, un sac, une marque) [09:41, 09:54]. C'est ce que fait Driss : il déplace le filet, le cache un peu plus loin sous des rochers et y laisse une marque claire pour signifier que quelqu'un l'a pris en charge [10:04, 10:24]. S'exposant ainsi à d'éventuelles réclamations, il se dit que si le vrai propriétaire se manifeste, il le lui rendra sans problème [12:27].Le lendemain, personne n'étant venu réclamer le filet, Driss et Ahmed retournent le chercher [11:17]. Ils transportent le lourd paquetage jusqu'à leur campement en s'entraidant pour monter la pente abrupte, l'un tirant vers l'avant à l'aide d'une corde et l'autre poussant par-derrière [11:45, 11:57]. Une fois arrivés à la tente, ils déroulent le filet pour le faire sécher et l'inspecter [12:09, 12:12]. C'est à ce moment-là que des pêcheurs locaux, plus expérimentés dans le maniement des filets, s'approchent d'eux, intrigués [12:15]. L'un d'eux leur demande d'où vient ce matériel [12:23]. Driss réplique honnêtement qu'ils l'ont trouvé rejeté par la mer [12:25]. Impressionné par la qualité du filet, un des pêcheurs leur propose un échange : « Donnez-moi ce filet et je vous apprendrai en contrepartie toutes les techniques pour monter et coudre les filets professionnels, calculer les mailles (diviser par 50 ou par 33 selon la taille) [13:59, 14:16], et utiliser les aiguilles de tissage » [14:31].Driss accepte immédiatement l'offre, car pour lui, le savoir et l'apprentissage de cette nouvelle compétence ont bien plus de valeur que le filet lui-même [13:01]. Grâce aux leçons de ce pêcheur, Driss apprend à réparer et fabriquer ses propres filets [15:10].La fin de la vidéo ouvre sur une nouvelle aventure pleine de rebondissements [17:03]. Le groupe se déplace ensuite vers un autre spot célèbre nommé La Tfeïa de Chika (aujourd'hui rebaptisé le 116 ou El Bouirda) [16:07, 16:19]. C'est là-bas qu'ils font une rencontre marquante avec un commandant et un lieutenant de la Marine Royale avec qui ils nouent une véritable amitié basée sur le troc : les militaires leur apportent des vivres frais (légumes, boîtes de conserve) et, en échange, les pêcheurs leur préparent de délicieuses fritures de poissons frais [13:12, 13:22]. Cependant, lors d'une de leurs sorties en mer avec leur nouveau filet, ils tombent sur une prise gigantesque : un énorme poisson noir (un Amoun ou un très gros sar) d'environ 6 kilos reste coincé dans les mailles [15:42, 15:45]. Le poisson se débat avec une telle violence qu'il commence à déchirer tout le filet sous les yeux impuissants d'Ahmed, annonçant une suite pleine de tension [17:08, 17:27].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 8
Dans ce huitième épisode, le « Raïs » Driss Essouiri continue de partager
ses souvenirs de jeunesse avec son groupe d'amis [00:04]. L'histoire reprend au moment où ils s'apprêtent à quitter le campement pour une nouvelle session de pêche. Ils disposent désormais de six filets de pêche opérationnels [01:59] et ont réussi à accumuler de l'argent qu'ils gardent dans leur caisse commune (environ 40 000 rials, soit 2 000 dirhams) [02:20].Alors qu'il ne reste qu'environ huit jours avant la grande fête de l'Aïd el-Adha (la fête du sacrifice) [02:40], un événement inattendu vient bouleverser leurs plans. Un matin, en inspectant l'eau à la recherche de leurs filets, ils aperçoivent une masse sombre et gigantesque qui flotte à la surface [02:45]. De loin, l'objet ressemble à s'y méprendre à une barque pneumatique renversée [02:59]. En s'approchant, ils découvrent avec stupeur qu'il s'agit d'une tortue marine d'une taille phénoménale [03:17], mesurant pas moins de 5 à 6 mètres de long [03:25]. Cette créature impressionnante s'est emmêlée dans leurs installations, détruisant successivement trois de leurs précieux filets en se débattant [04:07, 04:13]. Ahmed tente tant bien que mal de la libérer et de sauver ce qui peut l'être [03:33, 05:33], mais la tortue finit par s'échapper en emportant avec elle une partie du matériel déchiré [04:19]. Malgré cette perte matérielle, ils réussissent à sauver une belle quantité d'ombrines sauvages (Amoun), totalisant une pesée de 82 kilos pour cette seule prise [07:11].C'est à cette période qu'un changement majeur s'opère dans l'équipe. Leur ami Saïd décide de quitter le groupe pour s'installer définitivement à Dakhla [00:28]. Ayant fait des rencontres parmi les pêcheurs locaux, il choisit d'y tracer son propre chemin professionnel [00:40, 00:58]. Driss et Ahmed se retrouvent donc à deux pour continuer l'aventure [01:01].Le destin met alors sur leur route un jeune homme originaire de Casablanca nommé Karim [09:04]. Ce dernier vient d'arriver dans le Sud au volant de sa camionnette Ford Transit avec une idée bien précise [09:06, 09:09] : ouvrir un dépôt de poisson à Dakhla, recruter des marins locaux et acheminer la marchandise directement vers les marchés de Casablanca [09:16, 09:20]. En quête de pêcheurs fiables, Karim repère le campement de Driss et Ahmed situé en bord de route [09:25, 09:30] et vient leur proposer un partenariat très avantageux. Il leur offre d'acheter leur poisson (comme l'ombrine ou le sar) à un prix supérieur de 5 dirhams par kilo par rapport aux tarifs pratiqués par les autres mareyeurs [09:41, 09:50]. Face à cette proposition honnête, Driss accepte [10:17]. Il récupère sa mobylette Peugeot 103 qu'il avait laissée en gage chez le précédent mareyeur, Ahmed L'Jebli, après avoir soldé ses comptes [10:30, 11:02], et place ses affaires dans le dépôt de Karim [11:12].Karim loue alors un véhicule tout-terrain Land Rover pour 200 dirhams par jour afin de les emmener explorer les spots de pêche les plus reculés et les plus sauvages du Sud [12:25, 12:28]. C'est ainsi qu'ils s'installent à Aftas Sentry (dans la région de Laâyoune-Boujdour), un secteur réputé pour ses falaises et ses eaux poissonneuses [14:54, 15:00]. Ils y installent leurs tentes au milieu des dunes de sable fin, complètement isolés du reste du monde [17:12, 17:13]. Driss se rappelle que les conditions de vie y étaient extrêmement rudes : pendant trois jours, le vent soufflait tellement fort que le sable s'infiltrait partout, au point qu'ils devaient pétrir et cuire leur pain avec de la farine mélangée à de la poussière de sable [17:39, 17:40]. L'épisode se clôt sur une note de nostalgie et de tristesse, lorsque Driss rend hommage à une figure marquante de cette époque, le Raïs Omar Kazou, aujourd'hui décédé, qui était leur chauffeur de Land Rover et qui les a guidés à travers les pistes du désert [15:10, 15:20].
Raïs Driss Al-Souiri Épisode 1 Partie 9
Dans cette neuvième et dernière partie, l’émission touche à sa fin
et l'ambiance dans le salon d'Akhfenir est empreinte de nostalgie et de précieux partages d'expérience [15:26]. Le « Raïs » Driss Essouiri revient sur les leçons matérielles et financières qui ont marqué sa transition vers la pêche moderne à la fin des années 90 et au début des années 2000.Driss se souvient de l’évolution du matériel de pêche au Maroc [03:19]. Il évoque l'époque où il a acheté son premier moulinet de marque Mitchell (les fameux moulinets de la série 440 ou 1400), un investissement considérable à l'époque qui coûtait environ 14 000 rials (700 dirhams) [02:58, 03:02]. C’était l'une des premières grandes vagues de matériel moderne arrivant sur le marché marocain, changeant radicalement la donne pour les pêcheurs à la ligne qui utilisaient traditionnellement de simples bobines de fil à la main (les jerrara) [03:14, 03:19]. Il explique avec sagesse que les échecs et les pertes de matériel ne doivent pas décourager un jeune pêcheur : « L'erreur ne vient pas forcément des hommes, c'est le métier qui veut ça. Tout le monde passe par des moments difficiles, mais c'est comme ça qu'on apprend [02:41]. »Un point central de sa philosophie, qu'il partage avec conviction à Yassine et ses compagnons, est l'importance de la sérénité d'esprit au bord de l'eau [10:28]. Pour lui, un bon pêcheur ne doit pas être guidé par la cupidité ou le stress du gain : « Quand je pars à la pêche, je dois avoir l'esprit complètement libre et tranquille. Le poisson ressent la tension de l'homme [10:28]. » Il raconte que c'est cette paix intérieure qui lui a permis de tenir des mois entiers isolé dans le désert, face à l'immensité de l'océan.L'animateur prend ensuite la parole pour clore cette longue et riche série d'épisodes, expliquant que c'est le dernier jour de tournage avec Yassine et l'équipe, car ils doivent reprendre la route le soir même [15:26, 15:41]. Driss tient à remercier chaleureusement tous les auditeurs et adresse un message de respect et de fraternité à tous les "Raïs" et pêcheurs professionnels, qu'ils soient basés à Essaouira, Agadir ou Dakhla [15:49, 16:32, 16:43]. Il insiste sur le fait qu'il a choisi de ne pas citer tous les noms pour ne blesser personne par oubli, mais que chacun d'eux reste gravé dans sa mémoire comme un frère d'armes [13:00, 16:12]. L'émission se termine par de chaleureuses salutations et un vibrant hommage à la grande communauté des pêcheurs à la canne du Maroc [17:08].
