Parcours du pêcheur professionnel

Raïs Khaled Azini Épisode 1 Partie1

Dans ce nouvel épisode de l'émission « Parcours d'un pêcheur professionnel »

l’équipe de la Chaîne École de pêche à la canne se déplace dans la célèbre « ville des corsaires », Salé, pour aller à la rencontre d'une figure incontournable du milieu : le Raïs Khaled Azini [00:03, 00:44]. Né en 1978, le Raïs Khaled a aujourd'hui 42 ans et cumule déjà près de 27 ans d'expérience intensive dans le domaine de la pêche [01:14, 01:37, 04:44].Khaled commence son récit par des bénédictions et de chaleureuses salutations envers toute la communauté des pêcheurs à la ligne au Maroc [04:07, 04:35]. Son histoire d’amour avec l’océan commence dès son plus jeune âge, à Salé [05:00]. Grandissant dans un quartier tout près du littoral [05:18], il ressent dès l'âge de 6 ou 8 ans une attraction irrésistible pour la mer [05:26]. Au milieu des années 1980 (autour de 1985), il commence à suivre son grand frère ainsi que d'autres pêcheurs plus âgés de sa famille [05:49, 05:58].À cette époque, encore enfant et scolarisé en deuxième année du primaire [08:11, 08:36], l'école lui pèse beaucoup car son esprit est constamment tourné vers le rivage : « Je jure que durant toute ma scolarité, je ne pensais qu'à m'échapper pour retrouver les vagues », confie-t-il [08:23, 08:26]. Khaled passe alors ses journées à observer sur les rochers des pêcheurs légendaires de l'époque, aujourd'hui pour la plupart décédés (comme le Raïs Abderrezak, le Raïs Bouchaïb "El-Aïnine", et d'autres figures de Salé) [07:11, 07:31, 09:01].À l'âge de 10 ans, n'ayant pas encore les moyens de s'offrir une véritable canne à pêche, il s'exerce de manière traditionnelle en utilisant des bobines de fil à la main, les fameuses « jerrara » [06:42, 10:26]. Il commence par traquer de petits poissons de roche et des crabes le long du rivage [10:41]. Mais le grand baptême du feu arrive un jour mémorable de sa jeunesse [11:10]. Alors qu'il lance sa ligne de fond à la main, il sent une tirade d'une violence inouïe [11:17]. Il lutte de toutes ses forces pour ramener le fil et voit surgir de l'eau un monstre marin : un énorme congre (le Sinnor ou Gharbiya) d'un poids exceptionnel [11:17, 17:53]. Pris de panique face à la taille et à l'agressivité du poisson, il crie à l'aide [11:34]. Sa mère, terrifiée par le danger de l'océan mais voyant son fils lutter, accourt [11:28]. Ensemble, avec l'aide de pêcheurs du coin, ils parviennent à hisser le poisson sur la roche [11:52]. Cette première prise spectaculaire va définitivement sceller son destin et en faire, au fil des années, un grand spécialiste des techniques de pêche moderne sur la côte de Salé [12:10, 13:23].

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Raïs Khaled Azini Épisode 1 Partie 2

Dans cette deuxième partie, nous retrouvons le Raïs Khaled Azini

entouré de ses compagnons pour poursuivre le récit de son apprentissage sur la côte de Salé [00:06]. Après ses débuts traditionnels à la main, sa passion grandit et il commence à côtoyer des figures marquantes du milieu de la pêche locale, notamment un pêcheur respecté qu'il salue chaleureusement : le Raïs Abdelnasser [04:30].Le Raïs Khaled raconte qu'à cette époque, au début des années 90, obtenir du bon matériel de pêche n'était pas chose facile pour un jeune débutant à Salé [07:14]. C'est auprès des anciens qu'il apprend à monter ses lignes de manière plus technique et à s'adapter aux différents types de fonds marins de la région [06:54]. Il évoque les sorties régulières le vendredi soir et durant les week-ends, où l'excitation de passer la nuit sur les rochers l'emportait sur la fatigue [14:23, 15:35].La discussion s'oriente ensuite vers les secrets de la côte de Salé, réputée pour sa rudesse et ses courants imprévisibles [19:56]. Khaled explique qu'un bon pêcheur doit impérativement savoir lire l'état de la mer et repérer les "trous" poissonneux cachés sous l'écume, là où les grands prédateurs viennent s'alimenter lorsque le ressac frappe la roche noire [19:56, 21:42]. Il se remémore avec beaucoup de nostalgie l'abondance de poissons de cette période (notamment les gros sars et les loups/bars) par rapport à la rareté actuelle [14:50, 15:44]. L'épisode se termine alors qu'il commence à aborder ses premières grandes aventures et expéditions en dehors de sa ville natale pour tester de nouveaux spots plus sauvages [18:26].

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Raïs Khaled Azini Épisode 1 Partie 3

Dans cette troisième partie de son témoignage, le Raïs Khaled Azini plonge

au cœur des grandes expéditions et des souvenirs marquants qui ont jalonné sa vie de pêcheur sur la côte atlantique marocaine [00:22].La discussion s'anime autour des techniques de préparation et des montages de l'époque. Khaled évoque avec précision les distances de lancers, les choix stratégiques des bas de ligne et l'adaptation constante face aux caprices de l'océan [03:41, 13:52]. Pour illustrer l'incroyable abondance de poissons qui régnait sur la côte sauvage à cette période, il partage un souvenir marquant : des sessions de pêche miraculeuses où, avec ses compagnons (notamment un pêcheur nommé Abderrahmane) [07:44], ils arrivaient à sortir des quantités phénoménales de poissons, parlant même de pêches cumulées frôlant ou atteignant les 500 kilos [06:41]. Le poisson était si dense et agressif qu'il mordait de manière répétée, offrant des moments d'adrénaline inoubliables aux artisans de la canne [09:03].Cependant, la vie dans ces campements isolés et l'exploration de nouveaux spots ne manquaient pas de risques. Khaled insiste sur l'importance de la solidarité et du respect des règles non écrites entre les pêcheurs qui partagent la même roche [12:33, 13:12]. Il se rappelle de moments de détresse où le courant ou la marée haute surprenaient les hommes, obligeant le groupe à faire preuve d'un sang-froid absolu pour sauver le matériel et surtout préserver les vies humaines [13:52, 16:13].Il aborde aussi l'aspect financier de ce métier-passion : à l'époque, malgré ces pêches historiques qui ramenaient de grosses sommes d'argent (des "amoual") [22:26], tout était rapidement réinvesti dans du matériel plus performant, des déplacements ou partagé équitablement au sein de la communauté [22:26, 22:39]. L'épisode se conclut sur une réflexion profonde sur le changement de la mentalité des pêcheurs et l'appauvrissement progressif des fonds marins, rappelant que la vraie richesse d'un "Raïs" réside dans son expérience et le respect qu'il porte à la mer [13:52, 23:37].

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Raïs Khaled Azini Épisode 1 Partie 4

Dans cette quatrième partie de son entretien, le Raïs Khaled Azini conclut

son témoignage en partageant des réflexions marquantes sur sa vie de pêcheur et sur l'évolution de sa passion au fil des ans [00:03].Il commence par raconter une anecdote survenue lors d'un déplacement dans le Sud marocain vers les années 2005 [07:40]. Alors qu'il explorait une zone côtière très isolée, contrôlée par les militaires, il a dû faire face à la rigueur des contrôles de sécurité [01:33, 03:34]. Malgré la complexité de la situation pour s'installer et pêcher dans ces zones réglementées, la fraternité entre passionnés a repris le dessus : grâce à l'aide et à la bienveillance d'un militaire compréhensif, le groupe a pu poursuivre son activité en toute sécurité [01:33, 05:25]. Khaled retient de cette époque la beauté des rencontres et l'obligation d'un respect mutuel absolu [05:25, 10:35].L'animateur engage ensuite une discussion en montrant des photos d'archives et des souvenirs d'époque [13:19]. On y voit Khaled beaucoup plus jeune, et l'équipe s'amuse à comparer le pêcheur d'autrefois, plein de fougue, à l'homme d'aujourd'hui, fort de son immense bagage [13:19, 13:26]. Khaled explique qu'avec les années, son regard sur l'océan a changé : « Quand on est jeune, on ne pense qu'à sortir le plus grand nombre de poissons. Avec l'âge, on recherche plutôt la technicité, la beauté du geste et le calme au bord de l'eau [08:05, 08:15]. »Pour clore l'émission, l'animateur demande à Khaled de définir ce qui différencie, selon lui, un simple amateur d'un véritable "pêcheur respecté" (un professionnel) [20:09]. Khaled prend le temps d'expliquer avec sagesse que le pêcheur débutant ou occasionnel se contente de reproduire des gestes simples et de venir de temps en temps au bord de l'eau pour s'amuser, sans chercher à comprendre l'écosystème [20:44, 20:53]. En revanche, le véritable passionné, celui qui respecte la mer, passe son temps à analyser le comportement du poisson, la nature des fonds, la force du vent et des marées [21:21]. Il insiste sur le fait que la mer n'accorde ses secrets et ses richesses qu'à ceux qui font preuve de patience, de régularité et d'une grande humilité [21:21, 22:05]. L'émission se termine sur des mots de remerciements et des salutations fraternelles, annonçant que d'autres sessions de partage viendront à l'avenir nourrir la communauté [18:00, 23:46].

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