Parcours du pêcheur professionnel

Abdallah Mirleft Épisode 1 Partie1

Dans cette première partie de l'émission « Parcours d'un pêcheur professionnel

l'animateur accueille le Rayis Abdallah, un pêcheur chevronné et très respecté, né en 1972 [00:30]. L'objectif de cette rencontre est de partager son immense expérience et son savoir accumulé au fil des années avec la communauté des passionnés de pêche.L'histoire commence par une plongée dans les souvenirs d'enfance du Rayis Abdallah [01:13]. C'est autour de l'âge de 15 ans, vers l'année 1987, qu'il fait ses toutes premières expériences marquantes avec la mer [05:54]. Issu d'un milieu où la mer faisait partie du quotidien, il a appris les rudiments et le respect de cet élément auprès des anciens, notamment grâce aux conseils de son père et d'autres figures locales de la pêche qui l'ont marqué et initié.À l'époque, pour atteindre les coins de pêche (les مسايد), le confort moderne n'existait pas : le Rayis Abdallah raconte qu'ils devaient faire de longues distances entièrement à pied [03:38], portant leur équipement sur le dos. La pêche traditionnelle reposait sur des techniques simples mais redoutablement efficaces, transmises de génération en génération. On y apprend notamment la préparation minutieuse des lignes et l'importance de la longueur des bas de ligne (qui pouvaient atteindre une vingtaine de mètres selon les conditions et les configurations de la côte) [11:35]. Tout se faisait à l'instinct et grâce à une observation fine de la météo et du comportement des poissons.Le Rayis Abdallah insiste sur le fait que la mer de l'époque était généreuse, mais qu'elle demandait une discipline de fer et une connaissance parfaite de la sécurité maritime [12:14]. Les pêcheurs traditionnels de sa génération et des précédentes connaissaient chaque rocher et chaque courant de la région. Cette vidéo est un véritable hommage à la transmission du savoir, à la patience et à la passion qui animent les artisans de la mer.

Parcours du pêcheur professionnel

Abdallah Mirleft Épisode 1 Partie 2

Dans cette suite, le Rayis Abdallah poursuit son récit et nous plonge dans une période

charnière de son parcours, marquée par la transition entre les méthodes traditionnelles et l'arrivée des nouvelles technologies [19:00]. Il partage des anecdotes fortes sur la vie en haute mer, notamment lorsqu’il a fallu s’adapter à de nouveaux environnements comme la région de Larache [02:11] et faire face à des situations tendues avec la marine royale (la marine) [11:14]. Il évoque la solidarité des pêcheurs mais aussi la rudesse des contrôles lorsque les règles de navigation ou de pêche n'étaient pas totalement maîtrisées.C’est aussi l'époque où des outils révolutionnaires font leur apparition à bord : le GPS et les sondeurs de profondeur (السوندا) [19:00]. Le Rayis Abdallah raconte avec humour et nostalgie les débuts difficiles avec ces appareils [20:01]. Au départ, personne ne savait vraiment s'en servir, et les erreurs de manipulation étaient fréquentes, ce qui donnait lieu à des scènes cocasses où les données étaient effacées par mégarde. Cependant, une fois la technologie domptée, la pêche est devenue beaucoup plus précise, permettant de repérer les bancs de poissons (comme le sar, le pageot ou la courbine) et de marquer les meilleurs spots avec exactitude [20:34].L'histoire prend ensuite un tournant plus personnel lorsqu'il évoque l'année 2002 [21:36], date à laquelle il décide de s'installer à Mirleft pour s'y marier et fonder une famille [21:42]. Il rend un vibrant hommage aux figures marquantes qui l'ont soutenu, comme le Rayis Akli Abdelnabi, qu'il considère comme son plus grand mentor [04:33], et d'autres compagnons de route comme Brahim Zagga [13:55]. Malgré la raréfaction progressive du poisson due à la surexploitation, le Rayis Abdallah conclut sur une note de gratitude, rappelant que la mer lui a tout donné.

Parcours du pêcheur professionnel

Abdallah Mirleft Épisode 1 Partie 3

Dans ce dernier volet, le Rayis Abdallah partage ses plus beaux souvenirs de pêche

mais aussi les dures réalités et les anecdotes marquantes de sa vie à Mirleft [20:21]. Il commence par confier ses records personnels de pêche à la canne (la قصبة) : sa plus grosse prise historique s'élève à 104 kg de Maigre (le كوربين ou أبلاغ), et il a déjà sorti 38 kg de Sars (الشرغو ou زريقة) en une seule session, précisément sur le spot côtier où l'interview est enregistrée [09:51].L'histoire prend une tournure plus dramatique lorsqu'il raconte l'origine de son retour définitif à la pêche traditionnelle à la canne. Alors qu'il s'était associé avec un citoyen suisse pour fabriquer et exploiter des barques en plastique rigide (une première dans la région de Tiznit), l'une de ses embarcations a été volée par un groupe de jeunes pour tenter une traversée clandestine vers l'Europe (la حريقة) [06:21]. Bien que les jeunes aient tous été interceptés sains et saufs par les autorités, le traumatisme et la perte de son outil de travail ont poussé le Rayis Abdallah à abandonner définitivement ce type d'exploitation commerciale pour revenir à ses racines : la pêche à pied [08:26].En conclusion, l'animateur lui demande ses précieux conseils pour la nouvelle génération. Pour le Rayis Abdallah, la règle d'or est simple : les débutants ne doivent jamais considérer la pêche à la canne comme un métier principal ou une source de revenus fixe, mais plutôt comme une passion ou un loisir [20:35]. Il souligne que la mer a changé et que les poissons se font rares. Pour ceux qui veulent en faire leur métier, il conseille vivement d'intégrer les instituts de formation maritime (comme ceux d'Agadir, d'Ifrane ou de Guelmim) pour obtenir des diplômes reconnus et naviguer en toute sécurité [20:56]. Enfin, il invite tous les passionnés de passage à Mirleft à solliciter les pêcheurs locaux pour apprendre les secrets des spots de la région dans un esprit de respect et de partage [21:20].

Retour en haut